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 De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]

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Ulquiorra Schieffer

Ulquiorra Schieffer

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MessageSujet: Re: De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui]   De longs pieds, un grand coeur, et une impression de déjà-vu dans l'air... [Luna+Ulqui] - Page 3 Icon_minitimeVen 25 Mar - 23:40

Ce qui se déroulait devant nos yeux était une scène d'horreur pure. L'innocent tableau que dépeignaient Tsukina et son animal de compagnie – bien que cette innocence fût totalement factice – était en train de se désagréger pour laisser place à une estampe de guerre. Les yeux attendris du petit mouton furent traversés d'un éclair de violence démente. Ses babines se mirent à dégouliner d'une bave épaisse et repoussante. Alors que sa laine enveloppait sa maîtresse, ses boucles soyeuses se transformèrent en filaments drus qui s'amoncelaient de façon inégale. Même la chevelure délicatement rose de Tsukina ne put échapper à la métamorphose et prit une teinte rouge sang.
Sans que je ne sus véritablement pourquoi, ce spectacle me troubla. J'éprouvai presque de la compassion pour cette monstruosité qui naissait.
Si la chef des Hitsujishin avait jadis possédé la moindre once d'humanité, elle était en train de la perdre. Et cela me ramenait cruellement à la bataille que je livrais moi-même à chaque instant.

- Vous n'avez pas à aller si loin ! criai-je dans l'espoir qu'elle pouvait encore retrouver sa lucidité. Votre dernier fils a été vaincu, à présent la mère de Bigfoot va se réveiller et révéler vos secrets à tout le village ! Vous n'avez plus votre place ici mais... Je marquai un temps d'arrêt et calmai l'intensité de ma voix. Mais vous pouvez encore vous en sortir. Allez-vous en d'ici avec votre mari, fuyez et reconstruisez votre vie ai...
- Et puis quoi encore ?! intervint Sabo, furieux. C'est à cause de cette enfoirée que Luna a été blessée, elle ne s'en sortira pas comme ça !!

Il s'élança, brandissant son tuyau de ferraille, et alla frapper Sheepina (la fusion de Sheepy et de Tsukina) aux côtes. Au grand étonnement de nous tous, le coup fut amorti par la laine qui avait contre toute attente conservé son caractère moelleux, si bien que la pseudo-arme du blond n'eut aucun effet. Il ne se déclara cependant pas vaincu et s'acharna avec une énergie de tous les diables, avant d'être bientôt rejoint par Macintosh. L'ennemie, qui n'avait visiblement pas achevé son processus de métamorphose, ne bronchait pas.

- Attendez, je... Les images sanglantes du corps mutilé de Zannichi me revenaient, lourdes et impromptues. La culpabilité et l'hypocrisie de l'instant qui avait conclu notre duel également. Parallèlement, la sérénité absolue à laquelle j'avais assisté, dans la chambre d'Ayaka, tranchait singulièrement avec cette barbarie sans nom. Cette île n'est pas censée être le théâtre de tant de brutalité !
- Tu es trop naïf, posa Luna en apparaissant sur mon flanc. C'est elle qui a provoqué tout ça, elle qui a appelé cette brutalité. Si tu te bornes à la clémence, alors tu mourras stupidement.

La voix nasillarde due au port du masque à gaz n'enlevait rien au charisme de la capitaine. Les pupilles chargées de mépris accrochées à la créature qu'était son adversaire, elle ne m'adressa pas un regard et alla en renfort de ses matelots. La dénommée Jack, qui venait tout juste de faire son entrée, s'approcha ensuite de moi.

- La capitaine a raison. Ce monde n'est pas fait pour les sensibles. Si tu ne le sais pas encore, tu le découvriras bientôt. Yeehaaaaaaa !!

C'est avec une démarche western qu'elle se lança à son tour dans la bataille. Pour ma part, j'hésitai encore à m'abandonner à cette violence. Évidemment que je connaissais l'injustice, la cruauté dont était recouvert le monde. Kuroboe, la bête noire de mon existence, m'en avait donné un aperçu ; et il était indubitable qu'il en conservait encore en réserve. Néanmoins, était-ce une raison pour s'imbriquer délibérément dans le cycle éternel du sang ? N'était-il pas possible d'emprunter un autre chemin ?

Parallèlement à ces pensées inopportunément philosophiques, Luna asséna un lourd coup à l'ennemie. Sa rapière rebondit contre le bouclier impénétrable et elle claqua sa langue en signe d'agacement. Elle n'abandonna toutefois pas et se rua de nouveau à l'attaque. Je secouai la tête pour chasser mes doutes. Comme à l'accoutumée, j'étais en train de me torturer l'esprit inutilement. En lieu et place de ces déblatérations internes que je n'allais certainement pas résoudre en quelques minutes de réflexion, j'eus mieux fait de venir en aide à ceux qui étaient actuellement mes alliés. Ceux qui m'avaient suivi. Ceux qui m'avaient soutenu. Et ce, contrairement à moi, sans l'ombre d'une hésitation.
Je tirai Murciélago et tourbillonnai en portant un coup circulaire au niveau de l'épaule de Sheepina. Celle-ci était à présent entièrement emmitouflée dans son cocon de laine, duquel il valait sans doute mieux l'extirper avant qu'elle n'en ressorte plus dangereuse. Mon attaque connut malheureusement le même sort que les autres, parée par la matière duveteuse qui semblait animée d'une volonté propre. Comme atteindre son point faible alors ? Grâce à un Celo ? Je préférais éviter de gaspiller mon énergie à un stade du combat où cela n'était pas encore indispensable. Un coup d'estoc allait peut-être faire l'affaire ! Cette fois, le bouclier adopta la texture d'un bloc de polystyrène, bloquant ma lame. J'en profitai néanmoins pour faire glisser le pan de ce vêtement sur le côté, découvrant un ventre qui était encore celui de Tsukina.

- Mac' ! lançai-je familièrement.

Le gaillard comprit immédiatement mes intentions et frappa puissamment la peau dégarnie. La créature se plia en deux et la laine vivante se figea comme dans une torsion de douleur. Le canonnier à la main dure ne dit rien, mais son regard sous le masque à oxygène transmettait un message clair : « ça, c'était pour Luna ! ».
Cette atteinte physique fut sans doute également psychologique car elle eut pour effet de réveiller la bête de son espèce d'hibernation passive. Le coton se durcit soudainement et éructa en tout sens, tel une multitude de lances acérées. L'attaque surprise me toucha au bras gauche, érafla la cuisse de Luna, entama la hanche de Jack, et poignarda l'épaule de Macintosh. Seul Sabo s'en sortit miraculeusement indemne. Il se précipita vers le canonnier qui était le plus mal en point, mais ce dernier assura d'un geste rassurant qu'il allait bien. La cow-girl aussi n'était que superficiellement blessée.

Là, une fumée aussi opaque que farfelue saillit de la coquille moelleuse dans laquelle s'était enfermée la chef des Hitsujishin, se répandant dans la pièce et surplombant nos têtes.

- T'as peut-être plus d'yeux pour le voir, ironisa Jack à l'attention de la boule de fourrure qui nous faisait office d'adversaire, mais on a des masques ! Tes petits gaz n'auront aucun effet sur nous !

Corroborant cette déclaration, je m'élançai sans crainte vers l'ennemie, me préparant à réitérer le coup d'estoc qui avait précédemment fait ses preuves. Une allonge du bras semblable à celle des champions d'escrime et ma lame fusa vers la masse indistincte de laine, avant de rencontrer une surface dure. Je crus qu'il s'agissait du bouclier automatique de Sheepina, mais je m'aperçus que Murciélago était plantée dans le mur. J'étais passé à un mètre de ma cible ! Comment pouvais-je avoir manqué de précision à ce point ? Soudain, la pièce se mit à tourner. J'eus l'impression de revivre l'affreuse expérience dont j'avais été victime dans la salle de surveillance, à l'exception du fait que le malaise que je ressentais cette fois était d'une autre nature. Le gaz ! Il ne s'infiltrait pas dans le corps par le nez mais par les oreilles, s'attaquant aux tympans et donc au sens de l'équilibre ! Je m'apprêtais à prévenir les Lunar lorsqu'un raclement de gorge me coupa. Dans un grondement rauque et vil, la créature planta l'une de ses lances dans mon biceps.
Mon katana tomba à terre. Ma vision se teinta de rouge.

Mon esprit vagabonda quelques instants. Puis une intense douleur à la jambe me ramena à la cruelle  réalité. Le sang suintait en grande quantité de mes membres, affaiblissant mon corps déjà désorienté par le gaz. À présent, le décor tout entier était recouvert d'écarlate, des lattes du plafond aux dalles du sol. À moins que les lattes fussent au sol et les dalles au plafond. Mes compagnons de fortune avaient subi de graves blessures également, et semblaient avoir la même difficulté que moi à se tenir droits dans cette portion du monde aussi instable qu'un bateau au cœur d'une tempête. Mais ils tentaient de se défendre au mieux, perdus entre les épaisses molécules de gaz qui étaient doublées d'une étrange fumée. Une jeune femme aux cheveux turquoises les protégeait, invoquant toutes sortes de chimères fantasmagoriques.

- Va-t-en d'ici, Sparkle ! parvins-je à entendre articuler Luna à cette mystérieuse jeune femme.
- Vous devez venir aussi ! répliqua l'intéressée. Les habitants sont en bas et s'apprêtent à brûler la villa ! Vous ne pouvez... et le reste de sa phrase se perdit dans le bazar ambiant.

Je savais maintenant d'où venait cette fumée noire qui se mélangeait au gaz : les citoyens du village s'amusaient à jouer les pyromanes. M'appuyant péniblement contre la fenêtre, je les aperçus en effet au pied de la demeure, la colère sur les visages et des torches enflammées dans les mains. Celle qui semblait être à leur tête n'était autre que la femme que j'avais vue endormie chez Bigfoot, la mère du petit garçon au grand cœur. Un sourire s'étira sur mes lèvres alors que mon sens de l'équilibre revenait lentement. Les gens de Syrup se décidaient enfin à prendre leur destin en main. Me retournant vers la créature qui s'acharnait toujours, je pressentis la fin imminente de l'histoire.
Sheepina lançait des attaques incessantes, aussi aveugles que dévastatrices. Mais l'on sentait dans ces assauts une pointe de désespoir. La moitié d'entre eux ne tranchait que le vide, et le hurlement constant qui les accompagnait était d'une froideur indescriptible. La folie, la monstruosité, se dégageaient de cette silhouette informe. Sheepina criait de manière ininterrompue, d'un cri mêlant la souffrance à la fatalité. Était-ce la douleur refoulée d'avoir perdu ses enfants, la chair de sa chair, qui explosait ; ou la peur de se retrouver acculée comme elle l'était ; je n'en savais rien. Mais la tristesse infinie qu'elle manifestait vrilla mes entrailles.

L'alliée de Luna – car elle faisait vraisemblablement partie de son équipage – essayait toujours de convaincre sa capitaine de quitter les lieux. En effet, il s'agissait là de la solution la plus sage, étant donné les flammes qui dévoraient lentement la villa. Pourtant, il me restait une chose à faire. Une chose à tenter. Pour ma propre conscience et ma propre intégrité.
Je retirai mon masque. Il ne me servait plus à rien. Traînant les pieds, les bras ballottant en phase avec mes pas irréguliers, je m'approchai du mouton qui n'en était même plus un. Sa démence ne désemplissait pas, ni le sentiment de détresse qui en émanait. Au prix d'autres contusions, je parvins à poser une main tremblante sur la matière synthétique qui lui servait de peau. Un simple contact, où je plaçai toute la dérisoire dose d'humanité que j'avais en moi.

- Arrêtez... je vous en supplie, arrêtez... soufflai-je. Nul n'a souhaité le chaos qui est en train de s'installer sur cette île... Ni nous, ni les habitants, ni même vous ! Nous défendons nos idéaux et vous défendez les vôtres, la nature est ainsi faite de divergences d'opinion et cela ne changera jamais, mais cela ne justifie pas l'écoulement du sang ! Je comprends la souffrance que vous éprouvez à cause de votre statut hybride. Ce sentiment de n'appartenir à aucun peuple, d'être une erreur, un monstre ; je le connais ! Il est omniprésent et ne laisse aucune seconde de répit. Mais je vous en prie, voyez plus loin que cette cave où vous vous êtes enfermée, où vous seule et votre douleur coexistez ! Voyez que vous avez le pouvoir de changer les choses, de changer ce que vous êtes ! Voyez que les bons choix sont encore à prendre ! Pour le bien de tous, y compris vous...

Ce discours venait des tréfonds de mon cœur. Il s'agissait là de ce que j'aurais voulu entendre aux moments où mes fautes avaient sali ma conscience, quand j'avais perdu contrôle de moi-même contre Jessie et James et quand j'avais abandonné mon sang-froid face à Zannichi. Il s'agissait là de paroles de compassion pure.

- Moi-même, je ne l'ai compris que trop tard... Le meurtre, ce mot atroce que l'on a donné au fait d'ôter la vie, n'est jamais la solution. Parce que même le pire des monstres aspire à l'humanité. Alors oui, j'ai été l'un de ces monstres pendant longtemps. Je l'étais encore il y a seulement quelques heures, lorsque ma lame s'est une énième fois transformée en faux. Mais c'est fini. C'est fini. Je...

Ma main, à présent parsemée d'écorchures dues aux mouvements drus de l'air, était toujours posée sur Sheepina. Témoins de ma sincérité, mes doigts s'incurvèrent.

- Je... je suis désolé.

Cette déclaration fut le marteau qui brisa le cycle de la violence. Paraissant traverser la carapace d'indifférence qui recouvrait les plaies de Sheepina, mes doigts vinrent effleurer le voile de son âme. Elle stoppa net ses assauts, laissant résonner dans la pièce l'écho de ses cris d'agonie. Cette soudaine réaction me surprit. Ajoutant à mon étonnement, l'habit de laine de Tsukina se décrocha et tomba à terre, avant de rétrécir et de reformer son animal de compagnie. La chef des Hitsujishin gisait debout, le visage transfiguré. Dans ses yeux transparaissait une émotion toute particulière : la compassion. La compassion pure.
Puis elle s'effondra. La salle retrouva un silence inespéré, simplement surplombée d'une fumée noire et toxique. Pour ma part, je demeurai coi quelques instants. Aussi étrange que cela pût paraître, Tsukina avait éprouvé la sensation précise qui m'avais empli. Comme si je lui avais transmis par un quelconque biais. S'agissait-il d'une simple coïncidence ? Je me souvins de l'expérience aux frontières de la métaphysique que j'avais vécue à Sleepy Tree. J'avais alors clairement relevé un déclic en moi, une modification profonde.
Venait-elle juste de refaire surface... ?
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